Cette année, j’aurais pu ne pas aller aux Prides (et c’aurait été ok)

Comme celleux qui suivent assidument la page “je serais à” de ce site le savent (mais honnêtement, qui êtes-vous ? chuis curieuse ♥), il était prévu que je me rende à la Pride de Nantes et à celle de Bordeaux cette année.

Terrassée par l’angoisse et la dépression, j’avais fait le choix de ne pas me rendre à celle de Nantes. Certains éléments de contexte faisaient que je pouvais prédire avec certitude que mon mental n’était pas équipé pour tenir dans le genre de conditions qui m’attendait.

Aujourd’hui, dimanche 16 Juin,

[je me suis arrêtée originellement d’écrire cette phrase exactement ici, et j’ai rattrapé ma copine et nos potes qui se préparaient à aller à la marche. Elles m’ont vu jaillir de ma chambre d’où j’écrivais ces lignes, un peu médusées en me voyant choper un sarouel et un top à l’arrache “Filez moi un manche à balais, je viens”.
Bref, je suis allée à la pride de Bordeaux (et je vous épargnerais le descriptif affligeant de à quel point j’ai rarement vu pride avec un mot d’ordre… j’vous laisse juger “Barbie et Ken, Pride Festival”. À ce stade on est pas loin de la straight pride — Bref, on a bricolé vite fait un p’tit cortège de tête VNR c’tait sympa, yavait pas d’cortège de tête de toute façon au début, AMBIANCE !) et ce n’est pas de ça qu’on va parler. Car j’aurais pu ne pas y aller pour la simple et unique raison que :

Je n’avais pas envie.

Ça paraît évident dit comme ça “on va pas là où on veut pas aller”… sauf si on le doit ai-je envie de préciser.
Mais donc, j’avais bien le sentiment que j’étais obligée d’y aller. Vu que ça a pesé sur ma conscience et à quel point c’avait été beaucoup plus puissant qu’un simple “nope j’y vais pas” ce qu’il m’avait fallu motiver pour ne pas aller marcher pendant plusieurs heures avec une musique beaucoup trop forte sous un soleil brûlant entourée de PLEIN de gens.

Bref, j’avais le sentiment que je n’avais pas le choix. Quand ne faisant même pas 1 Pride dans l’année je déméritais. Je trahissais mes engagements (alors que concrètement, si j’avais pas été là, les militant·e·s queers vnr seraient peut-être resté·e·s au milieu du cortège… ou plus probablement iels auraient migré d’iels même vers l’avant et ça n’aurait rien changé. Quelques photos avec moi en moins. Fin de l’histoire).

Voilà, ce que je cherche à dire au final c’est que quelque soit votre engagement militant et quelque soit ce sur quoi il repose : vous n’êtes pas obligé·e·s de vous rendre aux Prides ou à d’autres évènements marquants de la vie LGBT+. Rien ne vous y oblige, celles-ci ne sont jamais vraiment accessibles à tou·t·e·s (rien que le fait qu’il y ait plein de gens et beaucoup de bruit voilà quoi).

J’aurais pu ne pas y aller et je serais restée chez moi tranquillement, c’aurait été très chouette aussi et peut-être même mieux ♥

Fin de l’histoire.

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