Lexique

LEXIQUE TRANS

Introduction au lexique

Les définitions présentées dans ce lexique sont celles que j’utilise personnellement, mais elles ne feront sans doute jamais l’unanimité (car aucune ne le font dans les communautés trans et LGBTQIA+ d’une manière générale).
Il a été établi pour communiquer le plus respectueusement avec l’ensemble des personnes trans.
Mais vous pourrez (donc) rencontrer des personnes (concernées ou non) qui n’auront pas les mêmes définitions.
Il convient, bien sûr, de s’adapter selon la façon dont la personne s’auto-détermine.
Il est également important de noter que ces termes peuvent être utilisés tel quels dans d’autres langues et avoir une signification bien différente. Le présent lexique se concentre donc sur la langue française utilisée en France.

Termes liés aux transidentités

Transidentités : ensemble des vécus trans. Il convient de l’accorder au pluriel pour affirmer la diversité des vécus trans.

LGBTQIA+ : Acronyme désignant régulièrement les Lesbiennes, Gays, Bi, Trans, Queer, Intersexe,Asexuel·le, Aromantique le “+” incluant toute identité de genre ou orientation romantique et/ou sexuelle marginalisée

Genre : Classe sociale construite culturellement. En occident, cela admet une catégorie, dont une dominée : les femmes ; et une dominante : les hommes. Genre est également utilisé en raccourci pour désigner l’identité de genre.

Sexe : Construit social basé sur des observations moyennes des différences biologiques entre les genres. Il est communément admis scientifiquement que le sexe est un spectre. Peut également désigner l’appareil génital

Assignation à la naissance : À la naissance, les médecins décident, selon la longueur du pénis/clitoris, si l’individu est un garçon ou une fille.

AMAB (acronyme de Assigned Male At Birth) : Personne assignée homme à la naissance.

AFAB (acronyme de Assigned Female At Birth) : Personne assignée femme à la naissance. Ces deux acronymes sont à proscrire pour désigner des personnes. Ils ne servent qu’à renseigner sur l’assignation qu’a subi un individu, à ne faire que si ABSOLUMENT NÉCESSAIRE dans le contexte

Identité de genre : Ressenti interne du genre de l’individu. Indépendamment de son assignation, du regard de la société ou de son apparence/expression de genre

Expression de genre : Ensemble de caractères visibles pouvant amener à catégoriser une personne comme à un genre ou l’autre (corps, vêtements, maquillage, parfum, attitude, …).
L’expression de genre peut être différente de l’identité de genre, que cela soit voulu par l’interessé·e ou pas. Elle ne suffit pas à déterminer le genre de quelqu’un·e.

Personne trans : Une personne trans est une personne qui n’est pas du genre qu’on lui a assigné à la naissance.
On admet que l’adjectif trans est le diminutif de transgenre. D’autres versions peuvent exister, mais elles sont propres aux interessé·e·s et ne devraient pas être utilisées par des personnes non concerné·e·s

Personne Cis : Personne ne se ressentant pas d’un autre genre que celui qu’on lui a assigné à la naissance. On admet que l’adjectif cis est le diminutif de cisgenre.

Femme trans : Femme AMAB.

Homme trans : Homme AFAB.

Personne Non-binaire (NB) : Personne dont le genre n’est pas “homme” ou “femme” : cela peut être une combinaison, une absence (agenre), ou un genre autre.
D’après notre définition, les personnes non-binaires sont inclues dans les vécus trans. Mais certaines peuvent ne pas se définir trans.
Chaque personne NB peut avoir ou non un besoin de transition médicale et/ou administrative.

Transition : Indifféremment utilisé pour désigner une transition médicale (hormones, chirurgies, autres) et/ou sociale et/ou administrative, la transition est l’ensemble des actes que va accomplir une personne trans afin de se sentir mieux dans son genre ou pour cispasser.

Cis·passing : Le passing désigne une expression de genre permettant clairement d’identifier une personne comme d’un genre ou l’autre (ou pas du tout pour les passings androgynes). Le cispassing désigne le fait qu’une personne trans « passe » comme une personne cis. On dira alors qu’elle cispasse.

Stealth (anglais pour “furtif”, “sous-marin”) : On dit d’une personne trans qui a un cispassing et qui ne révèle pas qu’elle est trans qu’elle est “stealth”.
Souvent le seul moyen pour une personne trans d’aspirer à une vie un tant soit peu « normale »

Out (anglais pour “sorti-e du placard”) : Par opposition à stealth, une personne trans “out” ne cherche pas à passer pour cis (indépendamment de son cispassing)

Coming-out (“sortie du placard”): Déclarer à quelqu’un·e que l’on est trans (ou LGBTQIA+) et indiquer son genre.
Une personne trans peut être amenée à faire son coming-out à plusieurs moments de sa vie, en fonction de ses proches/ami·e·s et de sa situation. (On notera qu’une personne trans stealth peut faire son coming-out d’une façon différente en indiquant qu’elle n’est pas cis mais trans (le genre n’a pas besoin d’être précisé dans ce contexte puisque la personne est en théorie déjà considérée comme du « bon » genre)) Je trouve ça un peu superflu et lourd peut-être pour tout ce qu’il y a à découvrir ?

Outing/outer : Révéler qu’une personne est trans (ou LGBTQIA+). L’outing ne doit JAMAIS se faire sans le consentement de la personne concernée. Et cela peut être considéré, dans le code pénal, comme une atteinte à la vie privée.

Dans le placard/closet : se dit d’une personne trans se faisant toujours passer pour son genre d’assignation et donc n’ayant pas fait de Coming-Out. (est utilisé également dans l’ensemble de la sphère LGBTQIA+)

Dysphorie de genre : Sensation d’inconfort, de détresse ou de rejet résultant de son assignation à la naissance. Elle peut être liée au corps et/ou à des critères sociaux. Une personne trans ne ressent pas nécessairement de la dysphorie. Cette dysphorie peut en revanche être déclenchée par des situations qui peuvent sembler anodines.

Euphorie de genre : Sensation de bien-être ou de confort résultant de se reconnaître dans son genre que cela soit socialement ou corporellement.
L’euphorie de genre peut être déclenchée chez les personnes trans par toutes sortes de situations, qui ne correspondent donc pas nécessairement à des stéréotypes de genre !

Caractéristiques sexuelles : Ensemble des caractères sexués : hormones, organes internes, organes externes, poitrine, pilosité, répartition des graisses,…

Hormones : Dans le cadre des transitions médicales de personnes trans, celles-ci sont souvent amenées à prendre des hormones dîtes sexuelles : oestrogène et progestérone pour les femmes trans, testostérone pour les hommes trans).
On parle de THS (traitement hormonal de substitution, ou de THF/M (traitement hormonal « féminisant »/« masculinisant »)

Dicklit : Clitoris ayant changé sous l’action d’un THS. Des hommes trans ou des personnes NBs, hormoné·e·s ou non, utilisent également ce terme pour désigner leur clitoris.

Femmis/Ladyck : Pénis ayant changé sous l’action d’un THS. Des femmes trans ou des personnes NBs, hormoné·e·s ou non, utilisent également ce terme pour désigner leur pénis.

SRS (acronyme de Sex Reassignment Surgery): Chirurgie  génitale.
Souvent appelé à tort LA chirurgie… Toutes les personnes trans n’en ressentent pas le besoin, et elle n’est théoriquement plus nécessaire pour un changement d’état civil.

Transphobie : Discrimination/haine/aversion/rejet envers les personnes trans.
La transphobie ordinaire paraît souvent anodine pour les personnes cis. Ne pas respecter l’identité de genre d’une personne en est un exemple.
On notera que la transphobie peut être intériorisée, amenant une personne à se haïr elle-même, ou à haïr d’autres personnes trans.

Deadname/Morinom : Nom assigné à la naissance et rejeté car renvoyant à l’assignation à la naissance. Si celui-ci n’est pas rejeté on s’y réfère parfois en tant qu’« ancien nom » ou « nom civil » quand ce dernier n’a pas été changé.

Mégenrer : Utiliser un pronom ou des accords qui ne sont pas ceux par lesquels une personne se désigne. Si le mégenrage est volontaire, il s’agit d’un acte transphobe particulièrement blessant.
S’il est accidentel mais répété, parce que la personne ne daigne pas s’en préoccuper réellement, on considère ce mépris comme un acte transphobe également.

Normativité : imposer une situation comme normale alors qu’elle n’est qu’un élément culturel encouragé.
L’hétéronormativité désigne ainsi le fait de considérer le couple hétéro·sexuel·romantique comme “normal”, d’en faire une référence par défaut, de marginaliser tout ce qui en sort.
La cisnormativité désigne le fait de considérer que les personnes cis sont “normales”, d’en faire une référence par défaut, de marginaliser tout ce qui en sort.

Queer : Personnes s’identifiant comme LGBTQI+ et considérant leur identité comme politique. Ancienne insulte réappropriée.

TERF (acronyme de Trans Exclusionnary Radical Feminist) : Désigne une fraction de féministes et d’individu·e·s luttant contre les droits des personnes trans au nom de la sécurité des femmes cis dans les espaces non-mixtes (toilettes/prisons). Utilisé à tort pour désigner les personnes transphobes en général.

CEC (acronyme de Changement d’État Civil) : Désignant la plupart du temps l’acte de changement de sexe à l’état civil (+ prénom éventuellement) qui se fait devant le Tribunal de Grande Instance. Il peut également désigner l’acte de changement de prénom en mairie.

Intersexe : « Les personnes intersexes sont nées avec des caractères sexuels (génitaux, gonadiques ou chromosomiques) qui ne correspondent pas aux définitions binaires types des
corps masculins ou féminins. Être intersexe est bien plus répandu qu’on ne le pense. Selon les expert·e·s, il y a autant de personnes intersexes que de personnes rousses.
Parce que leur corps est considéré comme différent, les enfants et adultes intersexes sont souvent stigmatisé·e·s et subissent de multiples violations de leurs droits humains, tels que le droit à la santé, à l’intégrité physique, à l’égalité et à la non-discrimination et le droit à ne pas être soumis·e à la torture ou à de mauvais traitements. » Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme. Non lié directement avec les transidentités. Plus d’infos sur https://cia-oiifrance.org/

Termes liés à tort aux transidentités

Travesti·e : Personne adoptant une expression de genre du “genre opposé” à des fins d’amusement, artistique ou d’excitation.

Drag·queen·king·queer : Personne se travestissant dans une performance artistique reprenant les codes culturels drag. Les codes de genres y sont la plupart du temps exagérés.

Termes à ne pas utiliser

Mâle/Femelle : Utiliser surtout pour étudier la reproduction sexuée, il convient pour des raisons de respect de ne pas les utiliser pour parler de nos congénères humains ou pour parler de leurs parties génitales. Comme on l’a vu plus haut, le sexe est un construit social. Un pénis est un pénis pas un organe sexuel mâle.

Masculin/Féminin : Adjectifs se référant à une adéquation avec des stéréotypes genrés. Il peut être tentant de les utiliser mais demandez-vous au préalable si leur utilisation ne sera pas vécue comme une critique (positive ou négative) du cispassing de quelqu’un·e.

Personne issue de la transidentité : Des personnes trans rejetant l’étiquette trans car considérant qu’elle n’a pas lieu d’être, leur transition étant « achevée » peuvent utiliser ce terme pour se qualifier. À ne pas utiliser sur des personnes n’utilisant pas le terme elles-mêmes.

Changer de sexe : Ça ne veut tout simplement rien dire et se réfère souvent dans l’imaginaire collectif à « LA chirurgie » (SRS).

Changer de genre : Une personne trans ne change pas de genre, son genre est tout simplement découvert, révélé ou assumé. Dans une approche matérialiste du terme genre en tant que classe sociale, le “genre” d’une personne trans n’est jamais tout à fait du genre femme ou homme puisque cela peut dépendre de ce que son interlocuteurice sait ou perçoit.

Naître dans le mauvais corps : Se focaliser sur les le corps des personnes trans est une erreur commune et stigmatisante. Les problèmes liés à la transidentité découlent de l’assignation à la naissance, et non du corps dans lequel on naît. Une personne trans peut tout à fait avoir la sensation d’être née dans un corps qui est le sien, tout en y apportant ou pas des modifications pour que son apparence lui convienne d’avantage et/ou soit plus vivable en société.

Transsexuel·le : Ce terme pathologisant introduit par les psychanalystes s’étant penchés pour la première fois sur les transidentités ne doit surtout pas être utilisé par des non-concerné·e·s. Il est le plus souvent perçu comme insultant par les personnes trans. Et il répand, de par son étymologie, l’idée fausse que les transidentités seraient une “sexualité”. À ne pas utiliser.
Certaines personnes trans utilisent ce terme, il est de bon ton de ne pas les corriger : iels se désignent comme iels le souhaitent. Le diminutif « trans » convient à la grande majorité d’entre elleux.

Transsexualité : synonyme de transidentités. À ne pas utiliser (voir plus haut)

Transsexualisme : terme médical utilisé pour catégoriser la transidentité en maladie mentale, aujourd’hui absent des références scientifiques mondiales.
À ne pas utiliser donc.

Travelo, trav, shemale, ladyboy ou pussyboy, femboy, garçon manqué : termes insultants.
À ne pas utiliser par conséquent.

Si vous cherchez des définitions alternatives ou qu’il y a un mot dont vous ne trouvez pas la définition ici, vous pouvez vous rendre ici : https://lavieenqueer.wordpress.com/2018/04/22/glossaire/

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