Lettre de CO

Ceci est une retranscription sous forme de lettre de ma vidéo où je fais un CO de femme trans à vos proches. Elle peut être utilisée telle qu’elle ou modifiée à votre convenance bien entendu 😉 Merci à https://twitter.com/discostyx pour la retranscription spontanée ♥

Bonjour,

Contrairement aux apparences peut-être et à ce que vous pensiez sans doute savoir, il y a eu un tout petit souci dans les premiers jours de ma vie, c’est-à-dire que quelqu’un a marqué que j’étais un garçon, alors qu’en fait je suis une fille.

Je tiens énormément à vous, déjà parce que j’ai choisi de vous dire ceci plutôt que de tout simplement couper les ponts et considérer que vous n’aviez pas besoin de savoir et que vous n’étiez pas si importants que ça dans ma vie. Je suis donc une fille trans.

Ça ne définit bien évidemment pas qui je suis à 100%, ce n’est qu’une facette de ma personnalité. Là ça peut vous paraitre énorme parce que le genre a énormément d’importance dans notre société. La première chose qu’on dit généralement, c’est “c’est un homme” ou “c’est une femme”. Ça sert vraiment à nous diviser les uns les autres. C’est pour ça effectivement que cette mauvaise assignation ne va pas être super évidente, mais en vrai je suis la même personne. Je suis toujours la personne que vous avez connue. C’est juste que je vais m’exprimer, exprimer mon genre différemment.

Ce qu’il faut bien comprendre c’est que ce n’est pas un choix. Si j’avais le choix, je ne ferais pas ça du tout parce qu’être une personne trans dans notre société actuelle n’est vraiment pas évident à cause du fait que la société est transphobe tout simplement : elle nous rejette. Le fait d’être trans en soi est quelque chose qui se vit très bien. Mais pour la société autour, c’est un peu moins évident. Donc voilà, je n’ai pas le choix. Je le fais parce que c’est ça ou être malheureuse toute ma vie et honnêtement ça m’étonnerait que vous ayez envie que ce soit le cas.

Ce n’est pas un choix et ça ne se soigne pas : ce n’est pas une maladie, c’est comme ça. Il y a peut-être eu un petit souci de câblage à l’origine mais c’est pas quelque chose qui se recâble différemment. Les thérapies de conversion ne fonctionnent pas, la psychothérapie ou la psychiatrie pour essayer de changer le genre et me donner celui qui m’a été assigné à la naissance, ça ne fonctionne pas. La meilleure façon pour que je vive correctement, c’est tout simplement que mon entourage m’accepte et voilà, tout simplement.

Il va peut-être y avoir des changements, que ce soit physiques, vestimentaires ou dans la façon de parler, mais il n’y en aura peut-être pas en fait et, rassurez-vous, ce ne sera peut-être pas aussi extravagant que vous pouvez l’imaginer, car très certainement quand on vous parle d’une femme trans, vous imaginez tout de suite des choses très hautes en couleur qui sont peut-être plus du niveau des drag queens ou ce genre de performeuses, que de vraiment une femme trans. Une femme trans n’est qu’une femme comme les autres, il y a juste, comme je l’ai dit, eu un petit souci sur un papier dans les premiers jours ayant suivi la naissance.

Ensuite, je vais prendre un traitement hormonal (ou pas) pour que mon apparence soit davantage conforme à ce à quoi je m’identifie. Ce n’est pas obligatoire et on peut aussi faire de la chirurgie. Chaque personne trans fait sa propre transition selon ses envies et ses besoins. Tout cela dépend de ce qu’on appelle la dysphorie, c’est-à-dire ce sentiment de mal-être profond qu’on a par rapport à certaines parties de notre corps. Pour régler ça, c’est très simple puisque c’est un parcours que l’on fait avec un médecin généraliste, qui éventuellement peut nous conseiller des spécialistes, mais dans l’absolu, la prise d’hormones est gérée par un-e généraliste.

Maintenant que je fais mon coming-out, il y a fort à parier que je vais m’exposer à la transphobie de notre société. Que ce soit dans les milieux administratifs ou dans la rue, il risque d’y avoir des soucis, je ne vous le cache pas. La seule chose que vous pouvez faire, c’est m’aider, m’accompagner, me soutenir.

Ensuite, il va y avoir une période d’ajustement. Je viens d’accepter mon genre et de vous en faire part. Maintenant je dois me réapproprier les codes associés à ce genre, parce que je les ai plus ou moins vus “de l’extérieur”.

S’il y a des fautes de goût, c’est pas grave. Vous allez peut-être avoir l’impression que c’est stéréotypé, mais c’est normal, ça va se tasser avec le temps. Imaginez un petit peu ça comme les petites filles qui essaient les habits de leur maman et se maquillent avec leur rouge-à-lèvres à 6-7 ans : forcément, on a des résultats un petit peu bizarres.

Ca risque de faire la même chose, mais c’est pas obligatoire. Peut-être que je vais avoir un profond sens des codes de mon genre, c’est tout à fait possible.

Je vais finir en vous rappelant que je vous aime et vous fais confiance. Je viens de me révéler telle que je suis à vous. Je viens vraiment de prendre mon courage à deux mains pour vous dire quelque chose que je ne pouvais pas dissimuler plus longtemps. La seule chose à faire est d’en parler avec moi et surtout d’être à l’écoute et bienveillant-e. Je sais mieux que quiconque qui je suis et j’ai pesé le pour et le contre pendant très, très longtemps. J’espère que vous m’accepterez et serez bienveillant-e avec moi.

Si vous voulez plus d’informations sur la transidentité, vous pouvez consulter :

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